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Top 10 des phares des îles Féroé

Perchées entre l'Écosse, l'Islande et la Norvège au cœur de l'Atlantique Nord, les dix-huit îles Féroé opposent aux navigateurs certaines des conditions les plus redoutables du monde maritime. Des falaises basaltiques tombant à pic dans des eaux tourbillonnantes, des brumes épaisses qui effacent les reliefs pendant des jours entiers, et des courants de marée atteignant parfois six nœuds entre les passes étroites — tout cela a imposé très tôt la construction de phares robustes. Le Danemark, dont les îles dépendent sur le plan administratif, a confié leur signalisation à l'Administration des voies navigables et maritimes danoise (Søfartsstyrelsen), qui entretient un réseau de feux dont plusieurs constituent de véritables prouesses d'ingénierie sur des promontoires vertigineux. La lumière pâle et diffuse qui baigne l'archipel en été s'oppose à l'obscurité quasi totale des hivers arctiques, et les phares féroïens ont su traverser les siècles en conservant leur rôle essentiel.

1. Akraberg, Suðuroy

Akraberg occupe la pointe méridionale des Féroé, sur l'île de Suðuroy, et constitue ainsi le point de départ maritime de tout l'archipel vers l'Atlantique ouvert. Le phare actuel, mis en service en 1909, est une tour cylindrique blanche de 21 mètres dont le feu à éclats blancs porte à 16 milles nautiques. L'ingénierie danoise a dû résoudre le problème d'un site exposé aux tempêtes hivernales d'une rare violence : les murs de la tour atteignent près d'un mètre d'épaisseur à la base. Akraberg est automatisé depuis 1974 ; les anciens logements des gardiens ont été reconvertis en hébergements pour randonneurs. Le sentier qui mène au phare depuis le village de Sumba traverse des landes où nichent les macareux et les labbes, et la vue sur la mer d'Irlande par temps clair est spectaculaire.

2. Kallur, Kalsoy

Le phare de Kallur, sur l'île de Kalsoy surnommée « la flûte » en raison de sa forme étroite et allongée, est probablement le plus photographié des Féroé. Construit en 1927 sur un promontoire herbeux à 200 mètres au-dessus de la mer, il est précédé d'une marche d'approche de deux heures depuis le village de Trøllanes, dernier hameau desservi par la route de l'île. La tour blanche de 10 mètres est modeste en taille mais démesurée en ambiance : de part et d'autre s'ouvrent des falaises verticales plongeant dans l'Atlantique, souvent traversées par des vols de fous de Bassan. Le feu à éclats blancs porte à 10 milles nautiques et marque les récifs immergés au nord de Kalsoy. La randonnée vers Kallur figure parmi les excursions pédestres les plus populaires des Féroé ; les conditions météorologiques changeant rapidement, il convient d'emporter des vêtements imperméables même en juillet.

3. Mykines, île de Mykines

L'île de Mykines est la plus occidentale des Féroé et l'une des plus sauvages ; son phare, inauguré en 1909, se dresse sur l'îlot de Mykineshólmur, séparé de Mykines par une gorge que franchit un pont suspendu parfois emporté par les tempêtes hivernales. La tour en béton armé de 14 mètres présente un feu à occultations blanches visible à 13 milles nautiques, guidant les navires qui traversent l'Atlantique entre les Féroé et l'Islande. Mykines est réputée pour sa colonie de macareux moine, l'une des plus importantes d'Europe, et la marche vers le phare longe les falaises où ces oiseaux creusent leurs terriers. La traversée en ferry depuis Sørvágur prend 45 minutes par temps calme ; en été, les places sont limitées et la réservation est impérative.

4. Nólsoy, île de Nólsoy

Nólsoy est visible depuis les quais de Tórshavn, la capitale, car l'île longue et basse protège la rade des vents du sud-est. Son phare, un obélisque blanc de 27 mètres érigé en 1893, marque le chenal d'entrée du principal port des Féroé depuis plus d'un siècle. Le feu à deux éclats blancs porte à 15 milles nautiques et constitue le repère lumineux que les équipages des ferries transatlantiques utilisent pour confirmer leur position avant d'entrer dans Tórshavn. L'automatisation date de 1966. Nólsoy, accessible par ferry en 20 minutes depuis la capitale, abrite environ 250 habitants et la plus grande colonie de pétrels tempête de l'Atlantique Nord — plusieurs millions d'individus nichant dans des terriers sous les maisons du village.

5. Enniberg, Viðoy

Le cap Enniberg, sur l'île de Viðoy, revendique l'une des plus hautes falaises marines du monde : 754 mètres à pic au-dessus de l'océan. Le phare, installé un peu en retrait du bord pour des raisons de sécurité, est une tour rouge et blanche érigée dans les années 1960. Son feu à éclats porte à 12 milles nautiques et signale aux navires le péril de cette côte où aucun mouillage n'est possible. L'accès routier depuis le village de Viðareiði est praticable par beau temps avec un véhicule ordinaire, mais les vents catabatiques qui dévalent les falaises peuvent atteindre des vitesses extraordinaires sans avertissement.

6. Skansin, Tórshavn

Le feu de Skansin n'est pas un phare à proprement parler mais une tourelle lumineuse historique installée sur l'ancienne fortification de Tórshavn, datant du XVIe siècle. Il guide les navires dans le port intérieur de la capitale et constitue l'une des aides à la navigation les plus anciennes des Féroé. La forteresse restaurée abrite un musée retraçant les défenses de l'archipel depuis l'époque des Vikings jusqu'à l'occupation britannique de la Seconde Guerre mondiale ; la tourelle lumineuse, toujours opérationnelle, peut être observée de près dans ce contexte historique.

7. Ørðavík, Sandoy

Sur l'île de Sandoy, le phare d'Ørðavík marque une côte orientale exposée aux tempêtes du nord-est qui balaient le Kalsoyarfjørður. La tour blanche, construite en 1912, mesure environ 12 mètres et porte son feu à 10 milles nautiques. La région de Sandoy est connue pour ses plages de sable blanc — exceptionnelles aux Féroé — et pour la douceur relative de son climat par rapport au reste de l'archipel.

8. Flesjarnar, Streymoy

Flesjarnar, sur la côte occidentale de Streymoy, la plus grande île des Féroé, borde le Vestmannasund, un détroit parcouru par des courants de marée puissants qui ont causé de nombreux naufrages avant l'installation du phare au début du XXe siècle. La tour de couleur rouge brique se détache sur les pelouses verdoyantes de la falaise et son feu sectoriel — blanc dans le chenal navigable, rouge sur les secteurs dangereux — permet aux navigateurs de maintenir leur cap dans le passage étroit.

9. Borðan, Borðoy

L'île de Borðoy, qui abrite la deuxième ville des Féroé, Klaksvík, possède un phare de port discret mais essentiel pour les ferries et les caboteurs qui fréquentent la côte nord de l'archipel. La structure moderne en acier galvanisé a remplacé la tour d'origine dans les années 1990 ; son feu blanc à éclats rapides est coordonné avec les balisages lumineux du port de Klaksvík pour guider les entrées de nuit dans ce fjord profond et encaissé.

10. Enniberg Søndre, Viðoy

Distinct du grand phare d'Enniberg décrit plus haut, ce feu secondaire marque la pointe sud de Viðoy et le départ du Viðareiðisfjørður. Il s'agit d'une tourelle automatisée installée dans les années 1980, de hauteur modeste mais de portée suffisante pour couvrir les eaux entre Viðoy et Borðoy où le trafic maritime local est soutenu.

Informations pratiques

Les phares des Féroé sont pour la plupart automatisés et fermés au public, mais les abords extérieurs sont accessibles à pied sur des sentiers balisés. La saison de randonnée s'étend de mai à septembre ; au-delà, les tempêtes et le verglas rendent les sentiers côtiers dangereux. Les ferries inter-îles (Strandfaraskip Landsins) et les tunnels sous-marins récents relient la plupart des îles sans nécessiter de vol interne. Pour situer l'ensemble des feux des Féroé dans leur contexte géographique, ouvrez la carte et explorez l'archipel depuis l'Atlantique Nord.