Les 10 phares les plus remarquables de Norvège
La Norvège possède l'une des lignes côtières les plus complexes du monde : si l'on compte fjords, skerries et îles, elle s'étend sur plus de 100 000 kilomètres. Ce labyrinthe de rochers affleurants, de courants de marée violents et de brouillards fréquents a imposé très tôt la nécessité d'un réseau de phares dense. Le premier phare norvégien, Lindesnes, fut allumé en 1655. Kystverket (l'Autorité côtière norvégienne) administre aujourd'hui 210 phares actifs et a transféré la gestion de nombreux phares historiques à des fondations culturelles. Plusieurs ont été convertis en hébergements de caractère — « fyrstasjon » —, formule unique en Europe pour séjourner dans les conditions d'un gardien.
1. Lindesnes, Vest-Agder
Lindesnes est le phare le plus méridional de Norvège et le plus vieux de Scandinavie, avec une histoire balisante remontant à 1655. La tour octogonale en granite de 16 mètres, reconstruite en 1916, se dresse sur un rocher nu fouetté par les tempêtes à la pointe la plus avancée du pays dans la Skagerrak. Son feu à éclats blancs, deux éclats toutes les six secondes, porte à 17 milles nautiques. Lindesnes est le point de référence historique pour les navigateurs passant du Skagerrak à la Mer du Nord — à la fois repère géographique et symbole national. Un centre de visiteurs moderne présente l'histoire du phare et des conditions météorologiques extrêmes du site. Ouvert toute l'année.
2. Kjeungskjær, Trøndelag
Ce phare de roche, construit en 1881 sur un récif à peine visible à la surface de la mer dans le Bjugn Fjord, est l'un des plus photographiés de Norvège. La tour octogonale en brique de 16 mètres, peinte en rouge et blanc, semble posée sur l'eau à marée haute, entourée de rien que le Trondheimfjord. Son feu à éclats blancs porte à 15 milles nautiques, signalant le récif principal dans un chenal très fréquenté par le trafic côtier. Le phare a été désaffecté en 1987 et restauré par la commune d'Ørland. Accessible en bateau depuis Brekstad en été ; des visites guidées sont organisées par l'association locale de préservation.
3. Tungenes, Rogaland
Construit en 1828 puis reconstruit en 1928 à la pointe de la péninsule de Jæren, le phare de Tungenes surveille l'entrée du Boknafjord — le fjord le plus meridional de Norvège, au pied du Rogaland pétrolier. La tour octogonale en béton de 25 mètres émet un feu à éclats blancs, portant à 15 milles nautiques. La côte de Jæren est la seule section droite et sans fjord de la côte ouest norvégienne, exposée plein ouest à l'Atlantique nord, et ses plages de sable sont balayées par les tempêtes hivernales. Automatisé en 1969, le phare est géré par le Tungenes Fyr Museum. La maison du gardien est ouverte à la visite les week-ends d'été.
4. Slåtterøy, Hordaland
Construit en 1859 sur l'île rocheuse de Slåtterøy, à l'entrée méridionale du Hardangerfjord, ce phare surveille le Sletta Sound, passage obligé pour les navires qui remontent la côte vers Bergen. La tour cylindrique en granit de 19 mètres émet un feu à deux éclats blancs toutes les vingt secondes, portant à 18 milles nautiques. Le site est réputé pour sa violence pendant les tempêtes de l'Atlantique Nord qui déferlent sans obstacle depuis l'Islande. Automatisé en 1978, Slåtterøy est devenu l'un des phares-hébergements (fyrstasjon) les plus appréciés du pays : les cottages de la station se louent à la semaine. Accessible depuis Fitjar par bateau.
5. Ryvarden, Hordaland
Construit en 1855 sur l'île de Ryvarden au nord de Stord, à l'entrée du Bjørnefjord et du Langenuen, ce phare en brique de 17 mètres avec une maison du gardien remarquablement préservée est aujourd'hui l'un des phares-musées les plus complets de Norvège. Son feu à éclats blancs porte à 14 milles nautiques. L'île, inhabitée sauf pour le phare, est renommée pour son programme culturel estival : expositions d'art contemporain, concerts de jazz et résidences d'artistes investissent les bâtiments de la station chaque été. Accessible depuis Husnes par bateau ; programme culturel d'été disponible sur le site du Ryvarden Kystlag.
6. Strømtangen, Viken (Oslofjord)
Construit en 1839 sur la rive orientale du Oslofjord, près de l'entrée de Fredrikstad, le phare de Strømtangen surveille les courants de marée particulièrement forts du Hvaler-sund. La tour octogonale en pierre de taille de 12 mètres émet un feu à éclats blancs portant à 14 milles nautiques. L'archipel de Hvaler, à la frontière avec la Suède, est l'une des destinations de villégiature en bateau les plus fréquentées des Norvégiens d'Oslo. Désaffecté en 1993, Strømtangen est converti en hébergement patrimonial géré par le Hvaler-muséene. Le cadre de prairies en fleurs et de forêts de chênes sur les rives du fjord est inhabituellement doux pour la Norvège.
7. Fladholmen, More og Romsdal
Érigé en 1894 sur l'archipel de Fladholmen, à l'entrée de Borgundfjord près d'Ålesund, ce phare rouge et blanc surveille un passage très fréquenté par les bateaux de pêche qui ravitaillent la capitale mondiale du saithe (coalfish). La tour cylindrique en fonte de 12 mètres émet un feu à éclats blancs, portant à 13 milles nautiques. Ålesund, reconstruite en style Art nouveau après l'incendie de 1904, est à 15 minutes de bateau. Le phare est automatisé et administré par Kystverket ; non ouvert au public mais visible depuis les ferries réguliers.
8. Homlungen, Østfold (Hvaler)
Construit en 1867 à l'entrée méridionale du Hvaler-sund, Homlungen est l'un des phares les plus pittoresques du Oslofjord. La tour cylindrique en brique de 8 mètres (lumière à 15 mètres), sur son îlot de granite poli, émet un feu à éclats blancs portant à 12 milles nautiques. La géologie du Hvaler — granite nu, bosses arrondies par les glaciers — contraste avec la végétation méditerranéenne par les chênes et les roses sauvages qui poussent entre les rochers. Le phare est propriété de l'État norvégien ; les cottages de la station peuvent être loués. Accessible depuis Skjærhalden par bateau-taxi.
9. Kavringen, Oslo
Le phare de Kavringen, construit en 1874 à l'entrée du port intérieur d'Oslo, est le phare le plus proche de la capitale norvégienne. Sa petite tour en fonte de 7 mètres, sur sa plateforme de granit, semble flotter au milieu de l'Oslofjord, en face des quartiers de Nordstrand et de Ljan. Son feu à éclats blancs porte à 10 milles nautiques. Le trafic maritime qu'il guide comprend les ferries de la Couleur Line vers Kiel et Copenhagen, ainsi que les croisières de l'Hurtigruten. Automatisé et actif, il n'est pas ouvert aux visiteurs mais est visible depuis les bateaux de l'Oslofjord Ferjedrift.
10. Runde, More og Romsdal
Le phare de Runde, construit en 1767 et reconstruit en 1858 et 1938 sur l'île de Runde — l'île la plus méridionale des îles Sunnmøre —, surveille l'une des zones de pêche les plus riches de la Méditerranée boréale. La tour en béton de 12 mètres émet un feu à occultations blanches, portant à 14 milles nautiques, signalant l'archipel rocheux de l'Atlantikhavet. Runde est surtout connue pour ses 250 000 couples d'oiseaux de mer : macareux moines, fous de Bassan, guillemots, kittiwakes nichent sur ses falaises entre mai et juillet. L'observation des oiseaux et la visite du phare se combinent naturellement. Accessible depuis Ålesund par route (pont et tunnel).
Kystverket publie une liste complète des phares ouverts aux visiteurs et des fyrstasjon (phares-hébergements) sur son site officiel. La période idéale pour visiter la côte norvégienne est juin-août, quand le soleil de minuit illumine les îles ; mais certains phares-hébergements restent ouverts en automne pour les amateurs de tempêtes atlantiques. Pour localiser l'ensemble des phares répertoriés le long de la côte norvégienne, ouvrez la carte interactive.