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Les 10 Phares les Plus Remarquables du Sri Lanka

Le Sri Lanka occupe une position stratégique unique dans l'océan Indien, à la croisée des routes maritimes reliant l'Europe au golfe Persique, à l'Asie du Sud-Est et à l'Extrême-Orient. L'île a représenté un enjeu considérable pour les puissances coloniales successives — Portugais, Hollandais puis Britanniques — qui chacune comprirent très tôt la nécessité de baliser ses côtes dangereuses. Les récifs au large de la pointe méridionale, les hauts-fonds de la côte nord-est et les courants traîtres contournant les caps exposés firent du naufrage une réalité constante jusqu'à la construction des grands phares victoriens. L'ingénierie britannique du XIXe siècle est omniprésente : les tours en granit de taille parfaite, les optiques de Fresnel commandées à Paris ou Birmingham et les maisons de gardiens soigneusement proportionnées constituent un patrimoine colonial de haute valeur architecturale. Plusieurs de ces phares restent parmi les structures les plus hautes de l'île.

1. Phare de Galle (Pointe de Galle), Galle

Le phare de Galle, construit en 1939 à l'intérieur de la forteresse hollandaise, remplaça une structure antérieure de 1848. La tour blanche cylindrique de 26,5 mètres se dresse au bout d'un môle de granit à l'extrémité du fort néerlandais, reconnaissable de loin par sa position isolée sur l'eau. Le feu à éclats blancs réguliers, visible à 22 milles nautiques, guide les navires dans le port de Galle, jadis l'une des escales les plus importantes de la route des Indes. La forteresse elle-même, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1988, constitue le cadre exceptionnel de ce phare qui jouxte les remparts coloniaux. L'accès est libre depuis les remparts du fort ; la vue depuis les créneaux sur le phare avec la mer à l'arrière-plan est l'une des scènes les plus photographiées du Sri Lanka.

2. Phare de Dondra Head, Dondra

Dondra Head est la pointe la plus méridionale du Sri Lanka, et son phare est la tour de phare la plus haute d'Asie du Sud : 49 mètres de granit taillé, érigés entre 1887 et 1889 par les ingénieurs du Bureau des travaux publics de Colombo sous la supervision de la corporation Trinity House de Londres. Le feu blanc à éclats groupés, visible à 27 milles nautiques, signale le cap aux navires contournant l'île dans les deux sens. Les 233 marches de l'escalier en colimaçon intérieur mènent à la galerie de la lanterne, d'où la vue sur l'océan Indien s'étend jusqu'à l'horizon dans toutes les directions. Automatisé en 1994, le phare reste actif sous la gestion de l'Autorité portuaire du Sri Lanka. La tour est ouverte aux visiteurs certains jours de la semaine.

3. Phare de Barberyn (Beruwala), Beruwala

Le phare de Barberyn, inauguré en 1889, se dresse sur un îlot corallien à quelques centaines de mètres de la plage de Beruwala, au large de la principale zone hôtelière de la côte ouest. La tour cylindrique blanche de 30 mètres fut conçue par les ingénieurs de Trinity House et ses murs de maçonnerie furent construits avec du calcaire corallien extrait sur place. Le feu blanc à éclats lents, visible à 23 milles nautiques, prévient les navires du récif qui affleure autour de l'îlot. Un logis de gardien en briques rouges — typique de l'architecture coloniale des phares de Trinity House — complète la station. Le phare est accessible par bateau depuis Beruwala ; des excursions locales permettent de contourner l'îlot et d'observer la structure de près.

4. Phare de Little Basses, côte sud-est

Le Little Basses Reef, un récif de calcaire sous-marin situé à une quinzaine de kilomètres au large de la côte sud-est, a coulé plus de navires que tout autre obstacle du Sri Lanka. Le phare érigé sur ce récif en 1878 par l'ingénieur James Walker est un chef-d'œuvre d'ingénierie victorienne : une tour de granit de 28 mètres posée sur une platine rocheuse affleurant à peine à marée basse, conçue pour résister aux cyclones tropicaux qui balaient régulièrement cette partie de l'océan Indien. Le feu à éclats blancs et rouges alterne pour signaler les limites du récif à une portée de 14 milles nautiques. Le phare n'est accessible que par mer dans de bonnes conditions météorologiques, mais il est visible depuis le rivage par temps clair et constitue un repère absolu pour les pêcheurs de la côte.

5. Phare de Great Basses, côte sud-est

À environ 10 kilomètres plus à l'est du Little Basses, le Great Basses Reef porte son propre phare, construit la même année (1873) et par le même ingénieur. La tour de Great Basses, légèrement plus haute à 33 mètres, fut la première à être achevée sur les deux récifs jumeaux, ses pierres de granit ayant été taillées en Écosse et transportées jusqu'à leur emplacement final — une logistique redoutable dans ces eaux exposées. Le feu blanc à occultations, visible à 18 milles nautiques, est légèrement différent de celui de Little Basses pour permettre aux navigateurs de les distinguer. Les deux récifs de Basses constituent un couple indissociable dans les annales de la navigation dans l'océan Indien occidental, et le plongeur Arthur C. Clarke, qui résida au Sri Lanka, décrivit ses explorations sous-marines autour de ces phares dans plusieurs de ses ouvrages.

6. Phare de Colombo, Colombo

Le phare de Colombo, construit en 1952 à l'extrémité de la jetée nord du port, remplace une série de feux antérieurs dont le premier datait de l'ère britannique. La tour de béton blanc de 35 mètres coordonne son feu à éclats blancs rapides avec les feux d'approche du port de Colombo, le plus grand port à conteneurs d'Asie du Sud. Sa position à l'entrée du port le rend visible depuis le quartier du fort de Colombo, et il constitue l'un des repères visuels les plus constants de la skyline portuaire. L'Autorité portuaire du Sri Lanka, qui en assure la gestion, maintient le phare en activité permanente ; il n'est pas ouvert au public mais visible depuis la promenade Galle Face Green.

7. Phare de Trincomalee, Trincomalee

Trincomalee abrite l'un des meilleurs ports naturels en eau profonde du monde, et son phare — construit en 1858 sur le cap Frederick — veillait autrefois sur les mouvements de la flotte britannique dans l'océan Indien. La tour blanche de 18 mètres, perchée sur la falaise calcaire dominant la baie de Trincomalee, émet un feu rouge et blanc de secteur guidant les navires dans le chenal d'entrée tout en signalant les hauts-fonds au nord du port. Pendant la guerre civile srilankaise, la zone fut largement inaccessible aux civils ; depuis 2009, la région s'est rouverte au tourisme et le phare est à nouveau visitable. La vue depuis le promontoire sur la baie — considérée par Nelson comme la plus belle qu'il ait jamais vue — est mémorable.

8. Phare de Kankesanturai, péninsule de Jaffna

Construit en 1916 à la pointe septentrionale de la péninsule de Jaffna, le phare de Kankesanturai marque le détroit de Palk séparant le Sri Lanka de l'Inde, l'une des voies maritimes les plus empruntées d'Asie du Sud. La tour cylindrique blanche de 27 mètres guide les ferrys reliant Jaffna à Rameswaram et les dhows de pêche naviguant dans ces eaux peu profondes. Longtemps inaccessible pendant le conflit, le phare a été réhabilité par l'Autorité portuaire après 2009. Son feu à triple éclats blancs visible à 20 milles nautiques est une référence pour les capitaines dans un détroit où les fonds peuvent changer rapidement au gré des tempêtes de mousson.

9. Phare de Point Pedro, Jaffna

À la pointe la plus septentrionale du Sri Lanka, le phare de Point Pedro fut érigé en 1892 pour baliser l'angle nord-est du détroit de Palk. La tour de briques blanches de 21 mètres surplombe un paysage de dunes et de cocotiers caractéristique de la côte nord sri-lankaise. Son feu blanc à éclats rapides, visible à 18 milles nautiques, est particulièrement utile durant la mousson du nord-est, entre octobre et janvier, lorsque les conditions de mer sont difficiles dans le détroit. La région de Jaffna ayant retrouvé la paix, le phare est désormais accessible aux visiteurs ; la route depuis la ville de Jaffna longe une côte de cocotiers et de villages de pêcheurs aux teintes pastel.

10. Phare de Mullaitivu, côte nord-est

Le phare de Mullaitivu, reconstruit en 2015 pour remplacer la structure endommagée pendant le conflit, marque la côte nord-est du Sri Lanka à l'entrée d'une baie peu profonde où les bateaux de pêche tamoul ont de tout temps cherché refuge avant les tempêtes. La tour blanche moderne de 22 mètres intègre les leçons tirées de la destruction du précédent phare par les combats : ses fondations renforcées et son alimentation solaire garantissent une continuité du service même en cas de coupure électrique. Son feu à éclats blancs visible à 15 milles nautiques signale à la fois les hauts-fonds de la baie et la limite de la zone côtière protégée. La région, en pleine reconstruction depuis la fin du conflit, accueille progressivement des visiteurs.

Informations pratiques

La plupart des phares du Sri Lanka sont gérés par le Sri Lanka Ports Authority. Galle et Dondra Head sont les plus accessibles aux touristes ; les phares de la côte nord et nord-est nécessitent un transport organisé. La mousson du sud-ouest (mai à septembre) affecte la côte ouest, tandis que la mousson du nord-est (octobre à janvier) frappe la côte est : chaque côte a donc une saison sèche différente. Explorez la carte pour visualiser la répartition géographique de ces phares autour de l'île.