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Les 10 Phares les Plus Remarquables de Corée du Sud

La Corée du Sud possède l'un des littoraux les plus découpés et les plus complexes d'Asie orientale : des milliers d'îles parsèment la mer Jaune à l'ouest et la mer du Japon (mer de l'Est) à l'est, tandis que le détroit de Corée au sud commande les routes maritimes les plus fréquentées de la région. La modernisation des aides à la navigation coréennes débuta sous l'ère Joseon tardive, lorsque les puissances étrangères négocièrent l'ouverture des ports coréens dans les années 1880. Certains des premiers phares furent construits par des ingénieurs japonais durant la période coloniale, mais les structures les plus symboliques furent élevées au tournant du XXe siècle sous supervision britannique ou française. Aujourd'hui, les 35 grands phares coréens et les centaines de feux secondaires gérés par le Korea Maritime and Ocean University s'intègrent dans un réseau moderne, mais leur architecture et leur histoire en font des destinations patrimoniales de premier plan.

1. Phare de Homigot, Pohang

Le phare de Homigot, inauguré en 1908, se dresse à la pointe la plus orientale de la péninsule coréenne, là où la mer du Japon reçoit les premiers rayons du soleil levant. Construit par des ingénieurs japonais en briques rouges et blanches selon un style néo-gothique reconnaissable, la tour de 26 mètres est l'un des phares historiques les mieux préservés du pays. Son feu à éclats blancs visibles à 35 kilomètres de distance guide les navires dans les approches de Pohang, l'un des principaux ports sidérurgiques coréens. La symbolique du phare comme premier lieu touché par le soleil en Corée continentale en a fait un site de pèlerinage du Nouvel An, attirant des dizaines de milliers de visiteurs chaque 1er janvier. Le musée attenant présente l'histoire de la navigation dans le détroit de Corée et est ouvert toute l'année.

2. Phare de Palmido, Incheon

Inauguré le 1er juin 1903, le phare de Palmido sur l'île de Palmido est officiellement le premier phare moderne de Corée. Érigé sous supervision française à la demande du Bureau hydrographique impérial coréen, la tour octogonale de pierre blanche de 7,9 mètres guidait les navires étrangers vers le port d'Incheon, porte d'entrée maritime de Séoul. Son feu — aujourd'hui un feu LED automatisé — reste actif, et l'île entière est désormais protégée comme site du patrimoine maritime national. Un musée inauguré en 2003 lors du centenaire du phare retrace un siècle d'histoire de la navigation coréenne. L'île est accessible par ferry depuis Incheon, et le phare historique se visite librement.

3. Phare de Ulgi (Ulgi-deung-dae), Ulsan

Construit en 1906 sur le cap Ulgi, point de départ de la côte est coréenne face au Japon, ce phare en briques octogonales de 18 mètres surveille l'un des passages les plus fréquentés par les pétroliers et les vraquiers desservant les ports industriels d'Ulsan. Son feu blanc à éclats réguliers, visible à 27 kilomètres, croise le chemin de centaines de navires par jour. Le parc côtier entourant le phare est célèbre pour ses formations rocheuses volcaniques et ses jardins de pins ; il attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs coréens. Un petit musée à l'intérieur de la maison du gardien présente l'histoire du phare et de la navigation sur cette côte depuis la fin de l'ère Joseon. Le phare est ouvert au public le week-end et lors des jours fériés.

4. Phare de Gadeokdo, Busan

L'île de Gadeokdo, à l'entrée ouest du port de Busan, porte un phare construit en 1909 pour guider les navires dans le détroit de Corée. La tour cylindrique blanche de 34 mètres est l'une des plus hautes de Corée et son feu à éclats blancs réguliers est visible à 22 milles nautiques. L'emplacement est stratégique : Busan est le plus grand port à conteneurs de Corée et l'un des dix premiers mondiaux, et le feu de Gadeokdo coordonne son action avec une constellation de bouées et de radars d'approche. Le phare est entouré d'une zone naturelle protégée où nichent plusieurs espèces d'oiseaux migrateurs, ce qui lui vaut une double vocation maritime et ornithologique. L'île est accessible par ferry ou par le pont récemment construit.

5. Phare de l'île Mara (Mara-do), Jeju

L'île Mara, minuscule point de terre de seulement 0,3 km² au sud de l'île de Jeju, est le territoire le plus méridional de la Corée du Sud. Son phare, inauguré en 1915 et reconstruit en 1987, est une tour blanche de 16 mètres dont le feu à éclats blancs et rouges de secteur avertit les navigateurs de la présence des hauts-fonds entourant cette île basse. La route maritime entre le détroit de Corée et les ports chinois passe à proximité immédiate, et le phare de Mara-do est une référence incontournable pour les capitaines opérant dans ces eaux. L'île est accessible par ferry depuis Undeok-hang à Jeju ; avec ses quelques dizaines d'habitants permanents, une visite à Mara-do est une expérience dépaysante autant qu'un pèlerinage vers le sud absolu de la péninsule.

6. Phare Blanc (Baek-do-deung-dae), détroit de Corée

Le Phare Blanc, implanté sur l'îlot inhabité de Baekdo au milieu du détroit de Corée, doit son surnom à sa tour entièrement peinte en blanc qui se découpe sur l'azur de la mer. Construit en 1937 et automatisé dans les années 1990, ce phare de 16 mètres marque un passage entre les eaux coréennes et japonaises emprunté quotidiennement par des centaines de cargos. Son feu à double éclats blancs visible à 18 milles nautiques est un repère absolu pour les capitaines naviguant de nuit dans le détroit. Aucune infrastructure touristique ne dessert l'îlot, mais le phare figure dans de nombreux journaux de bord publiés par les yachtsmen effectuant le passage entre la Corée et le Japon.

7. Phare de Udo, Jeju

L'île Udo, reliée à l'île de Jeju par un court trajet en ferry, porte un phare construit en 1906 sur son point culminant, offrant une vue panoramique sur les eaux entre Jeju et la côte sud coréenne. La tour blanche de 12 mètres, accessible par un chemin carrossable, abrite un petit musée des phares de l'île de Jeju. Le feu blanc à éclats courts guide les nombreux ferrys et bateaux de pêche reliant l'île principale aux îlots environnants. L'île Udo est l'une des destinations touristiques les plus populaires de Jeju, et la montée au phare constitue une étape incontournable d'une journée sur l'île, notamment pour la vue sur les falaises de lave noire et les champs de fleurs de canola au printemps.

8. Phare de Sokcho, Sokcho

Le phare de Sokcho, construit en 1957 au sommet d'un îlot rocheux relié à la ville par une digue, marque l'entrée du port de pêche de Sokcho, principale porte d'entrée maritime du parc national de Seoraksan. Sa tour rouge et blanche de 11 mètres émet un feu à éclats rouges et verts de secteur qui sépare les eaux sûres du chenal d'entrée des hauts-fonds de l'estuaire. Un escalier de bois serpentant entre les rochers permet d'atteindre le phare depuis la promenade du port, et la vue sur les montagnes enneigées de Seoraksan en hiver est saisissante. Le phare est entouré d'une petite zone piétonne aménagée avec des sculptures maritimes et des bancs.

9. Phare de Marado Haenyeo, Seogwipo

Distinct du phare principal de Mara-do, ce feu secondaire installé au début des années 2000 sur les falaises sud de Seogwipo rend hommage aux haenyeo, les plongeuses en apnée de Jeju inscrites au patrimoine immatériel de l'UNESCO. La tour stylisée de 14 mètres intègre des motifs décoratifs évoquant la culture maritime de Jeju. Son feu rouge à éclats avertit les plaisanciers du courant violent qui longe la côte sud de l'île par temps de vent du nord. La petite place entourant le phare est ornée de sculptures représentant des haenyeo au travail et constitue l'un des points de vue les plus fréquentés par les photographes visitant Seogwipo.

10. Phare de Eocheong-do, mer Jaune

L'île Eocheong, à 70 kilomètres au large de la côte de Gunsan, est l'une des îles les plus isolées de la mer Jaune coréenne, et son phare — construit en 1912, rehaussé en 1952 — marque la principale route maritime entre la Chine et les ports sud-coréens de la côte ouest. La tour octogonale blanche de 23 mètres émet un feu à éclats blancs visible à 24 milles nautiques. L'île est mondialement connue des ornithologues comme un site d'observation des migrations d'oiseaux de première importance en Asie orientale ; les visiteurs venant admirer les espèces rares qui font escale dans les buissons autour du phare sont nombreux au printemps. Un ferry régulier depuis Gunsan dessert l'île.

Informations pratiques

Les phares coréens sont gérés par le Ministry of Oceans and Fisheries, et plusieurs d'entre eux organisent des journées portes ouvertes annuelles. Les grands phares comme Homigot, Ulgi et Udo disposent de musées permanents. Les phares insulaires nécessitent d'anticiper les horaires de ferry, qui peuvent être suspendus par mauvais temps. La période idéale pour les visites s'étend de mars à mai et de septembre à novembre. Pour explorer l'ensemble du réseau de phares coréens, ouvrez la carte.