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Les 10 phares les plus remarquables d'Inde

L'Inde possède l'une des lignes côtières les plus longues d'Asie, s'étendant sur plus de 7 500 kilomètres entre le golfe du Bengale à l'est et la mer d'Arabie à l'ouest, avec la pointe du subcontinent baignée par l'océan Indien. Depuis l'époque coloniale britannique jusqu'aux constructions de l'ère postindépendance, les phares indiens témoignent à la fois de la puissance maritime de l'Empire et des ambitions d'une nation moderne soucieuse de sécuriser ses eaux côtières. La Direction générale des phares et des bouées lumineuses (Directorate General of Lighthouses and Lightships, DGLL) administre aujourd'hui plus de 190 phares actifs. Voici les dix plus remarquables d'entre eux.

1. Phare de Mahabalipuram, Tamil Nadu

Construit en 1904 par les autorités coloniales britanniques, ce phare cylindrique de 27 mètres se dresse sur un éperon rocheux dominant l'antique cité portuaire de Mahabalipuram, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. Sa lanterne émet un éclat blanc toutes les dix secondes, visible à 23 milles nautiques, signalant les récifs affleurants qui s'étendent vers le large. Le phare est encore en service actif sous la gestion du DGLL. Les visiteurs peuvent gravir les 64 marches pour profiter d'un panorama exceptionnel sur les temples dravidiens du VII° siècle et sur le golfe du Bengale. Ouvert tous les jours sauf le jeudi.

2. Phare de Kanyakumari, Tamil Nadu

Érigé en 1894 à la pointe méridionale du subcontinent, là où la mer d'Arabie, le golfe du Bengale et l'océan Indien se rencontrent, ce phare de 37 mètres de hauteur est l'un des plus stratégiques de toute l'Inde. Son feu à occultations émet un groupe de deux éclats toutes les dix secondes, portant à 21 milles nautiques, et guide les navires qui contournent le cap. La construction en pierre de granit local témoigne d'un savoir-faire architectural remarquable. Toujours actif et automatisé, il se visite les après-midi des vendredis et samedis. La ville voisine est un lieu de pèlerinage majeur, ce qui justifie une halte prolongée.

3. Phare de Chennai (Marina), Tamil Nadu

Le phare de Chennai, rebaptisé phare de Marina, domine la plage la plus longue d'Inde depuis sa construction initiale en 1844. La tour actuelle, en brique rouge, date de 1894 et s'élève à 46 mètres au-dessus du niveau de la mer — ce qui en fait l'une des structures les plus hautes de la côte coromandel. Son feu à éclats blancs, d'une portée de 28 milles nautiques, protège l'accès au port de Chennai, troisième port à conteneurs d'Inde. Automatisé depuis 1977, il est ouvert au public l'après-midi. Le musée attenant expose l'histoire maritime régionale, des lentilles de Fresnel du XIX° siècle et des instruments de navigation anciens.

4. Dolphin's Nose, Visakhapatnam, Andhra Pradesh

Ce phare perché sur le promontoire escarpé dit « Museau du dauphin » (Dolphin's Nose), à 174 mètres au-dessus de la mer, est l'un des phares terrestres les plus élevés d'Inde. La première lumière y fut installée en 1861 pour guider les navires vers le port naturel de Visakhapatnam. La tour cylindrique actuelle, blanche et rouge, date du début du XX° siècle. Son feu à occultations porte à 28 milles nautiques, signalant à la fois l'entrée du port et les hauts-fonds de la baie de Bengale. La position est militaire : l'accès touristique est limité, mais la vue depuis le chemin d'approche sur le port et la baie est spectaculaire.

5. Phare d'Alleppey (Alappuzha), Kerala

Construit en 1862 par les ingénieurs du Public Works Department de la Présidence de Madras, le phare d'Alleppey est la sentinelle de la « Venise de l'Orient », city réputée pour son réseau de backwaters. La tour octogonale en brique peinte en blanc mesure 30 mètres et émet un feu à éclats rouges et verts toutes les cinq secondes, portant à 14 milles nautiques, pour distinguer les approches du chenal d'accès depuis la mer d'Arabie. Il est encore actif et ouvert à la visite le matin. Le port d'Alleppey exporte des noix de coco, du coprah et des épices depuis des siècles, et le phare a veillé sur ce trafic depuis l'époque victorienne.

6. Phare de Beypore, Kerala

À l'embouchure du Chaliyar, fleuve qui débouche dans la mer d'Arabie près de Kozhikode, le phare de Beypore marque depuis 1883 l'entrée d'un port historique où furent construits les dhows arabes pendant des siècles. La tour de maçonnerie de 22 mètres, peinte en rouge et blanc, affiche un feu à éclats blancs isophases, visible à 12 milles nautiques. L'estuaire peu profond représente un danger réel pour les petits caboteurs et les embarcations de pêche qui fréquentent cette côte. Le phare est géré par le DGLL ; les chantiers navals traditionnels de Beypore méritent à eux seuls le déplacement.

7. Phare de Porto Novo (Parangipettai), Tamil Nadu

Érigé en 1911 sur la rive sud de l'embouchure du Vellar, le phare de Porto Novo guide les navires dans un estuaire réputé pour ses bancs de sable mobiles et ses courants violents. La tour carrée de 26 mètres, blanche rayée de noir, émet un feu à deux éclats blancs toutes les quinze secondes, portant à 18 milles nautiques. Le nom portugais de la ville rappelle les premières routes commerciales qui reliaient ce comptoir aux Indes orientales. Toujours actif, le phare se visite le matin sur demande auprès du gardien résidant encore sur place.

8. Phare de Kannur (Cannanore), Kerala

Dominant le fort Saint-Ange construit par les Portugais en 1505, le phare de Kannur date de 1879 et s'inscrit dans un contexte historique exceptionnel. La tour cylindrique de 24 mètres en pierre de latérite rouge — matériau omniprésent dans l'architecture du Kerala — émet un feu à occultations blanches portant à 15 milles nautiques, protégeant le mouillage de cette ancienne capitale du royaume de Kolathunadu. Automatisé et toujours actif, il est accessible depuis le fort, classé monument protégé. La combinaison du fort portugais, des canons historiques et du phare du XIX° siècle offre un cadre photographique incomparable.

9. Phare de Koteshwar, Gujarat

Construit en 1954 près de la pointe occidentale du Gujarat, là où le golfe de Kutch rencontre la mer d'Arabie, le phare de Koteshwar tient à la fois le rôle de balise maritime et de repère pour les pèlerins qui se rendent au temple de Koteshwar Mahadev. La tour moderne de béton blanc s'élève à 40 mètres et émet un feu à éclats groupés, portant à 20 milles nautiques, signalant les hauts-fonds de la région particulièrement traîtres lors des moussons. C'est l'un des phares les plus occidentaux de l'Inde continentale. La route d'accès longe les marais salants caractéristiques du Rann de Kutch.

10. Phare de Pondichéry, Tamil Nadu

La tour blanche élancée du phare de Pondichéry, construite en 1836 et rehaussée en 1980 à 32 mètres, veille sur la Promenade du Gouverneur depuis l'époque où Pondichéry était la capitale de l'Inde française. Son feu à éclats blancs porte à 20 milles nautiques, signalant les récifs côtiers de la côte coromandel. La ville conserve un quartier colonial français exceptionnellement bien préservé, et le phare en constitue le symbole maritime. Le bâtiment de la station est ouvert au public les après-midi et accueille chaque année des milliers de visiteurs attirés par la double identité franco-tamoule de la ville.


Les phares indiens se visitent en général le matin ou l'après-midi, avec des horaires variables selon les sites ; il est conseillé de se renseigner auprès du DGLL avant de partir. La côte ouest (Kerala, Goa, Gujarat) est plus accessible entre novembre et mars, tandis que la côte est (Tamil Nadu, Andhra Pradesh) est praticable d'octobre à mars. Les moussons de juin à septembre rendent certaines routes côtières difficiles. Pour localiser chacun de ces phares et explorer l'ensemble des balises répertoriées sur la côte indienne, ouvrez la carte interactive.