Les 10 phares les plus remarquables d'Écosse
L'Écosse possède l'un des patrimoines phares les plus riches au monde, forgé au fil des décennies par la famille Stevenson — cette dynastie d'ingénieurs qui, de Robert père à Alan en passant par David et Thomas (oncle du romancier Robert Louis Stevenson), a bâti plus de quatre-vingts phares sur les côtes les plus inhospitalières des îles Britanniques. Les récifs affleurants des Hébrides, les raz-de-marée du Pentland Firth et les roches immergées des Shetland ont causé des centaines de naufrages avant l'établissement du Northern Lighthouse Board en 1786. Les phares écossais sont administrés par cet organisme, qui maintient aujourd'hui un réseau entièrement automatisé d'une fiabilité remarquable. Ouvrez la carte pour découvrir l'ensemble des phares écossais.
1. Bell Rock, mer du Nord
Le Bell Rock est considéré comme l'un des plus grands exploits de génie civil de tous les temps. Construit entre 1807 et 1811 par Robert Stevenson sur un récif de grès rouge qui ne dépasse que brièvement de l'eau à marée basse — à 18 kilomètres à l'est de Dundee dans la mer du Nord — la tour de grès d'Aberdeen mesure 35 mètres et a résisté à plus de deux siècles de tempêtes. Son feu, un éclat blanc-rouge de groupe (deux) toutes les cinq secondes, est visible à 18 milles nautiques. La mise en chantier de cette tour, directement inspirée de l'Eddystone de Smeaton, a nécessité la construction d'un baraquement provisoire sur pilotis où les ouvriers dormaient entre les marées. Entièrement automatisé depuis 1988, il reste actif.
2. Skerryvore, Hébrides intérieures
Skerryvore, érigé entre 1838 et 1844 sur un récif basaltique au large de l'île de Tiree, est souvent décrit comme le plus beau phare de granit du monde. Alan Stevenson, son concepteur, en parla lui-même dans ces termes. La tour de granit de Ross-shire de 48 mètres, élancée et légèrement fuselée, surmonte un rocher exposé à des vagues pouvant dépasser dix mètres lors des tempêtes hivernales. Son feu à éclat blanc toutes les dix secondes porte à 26 milles nautiques et signale les récifs qui encerclent l'approche des Hébrides depuis le sud-ouest. Automatisé en 1994, il est accessible uniquement par mer ou par hélicoptère. Un musée lui est consacré à Hynish sur Tiree.
3. Muckle Flugga, Shetland
Muckle Flugga marque le point le plus septentrional du Royaume-Uni, un rocher de basalte à pic qui jaillit de l'Atlantique Nord au large de l'île d'Unst. Construit en urgence par Thomas et David Stevenson pendant la guerre de Crimée pour guider les navires de la Royal Navy, le phare fut achevé en 1858 après une première station provisoire en 1854. La tour de 20 mètres, perchée à 66 mètres au-dessus de la mer, émet un éclat blanc de groupe (deux) toutes les vingt secondes visible à 22 milles nautiques. Elle survit à des vents pouvant atteindre 177 km/h. Automatisée en 1995, elle ne peut pas être visitée directement, mais le promontoire de Hermaness sur Unst offre un panorama exceptionnel.
4. Ardnamurchan, Highlands de l'ouest
Le phare d'Ardnamurchan, construit en 1849 par Alan Stevenson, marque le point le plus occidental de la Grande-Bretagne continentale. Sa tour cylindrique de 35 mètres, inhabituellement construite en style égyptien avec des moulures en gorge à sa base, est édifiée en granit rose local sur un cap battu par les houles atlantiques. Le feu — un éclat blanc-rouge-vert de groupe (deux) toutes les vingt secondes — porte à 24 milles et signale les roches immergées de la pointe d'Ardnamurchan aux navires naviguant vers les Hébrides. Automatisé en 1988, le phare est désormais ouvert aux visiteurs avec un musée sur les gardiens de phares. Une route à voie unique serpente sur 30 km depuis Salen.
5. Neist Point, île de Skye
Neist Point est le phare le plus photographié d'Écosse, pour de bonnes raisons. Construit en 1909 par David Alan Stevenson sur le cap le plus occidental de l'île de Skye, sa tour blanche de 19 mètres se détache sur les falaises basaltiques noires qui plongent dans les eaux du Little Minch. Le feu à éclat blanc toutes les cinq secondes est visible à 16 milles et guide les ferries entre Skye et les Hébrides extérieures. Automatisé en 1990, le site est accessible par un chemin pédestre depuis le parking de Waterstein — environ vingt minutes à pied — et offre un panorama sur les Hébrides que peu d'endroits égalent.
6. Dunnet Head, Caithness
Le phare de Dunnet Head marque le point le plus septentrional de la Grande-Bretagne continentale, sur un cap de grès rouge qui domine le Pentland Firth. Construit en 1831 par Robert Stevenson, sa tour de 22 mètres s'élève à 105 mètres au-dessus de la mer. Le Pentland Firth, détroit entre l'Écosse continentale et les Orcades, est l'un des passages les plus redoutables du monde : ses courants de marée peuvent atteindre 16 nœuds. Le feu à éclat blanc de groupe (quatre) toutes les trente secondes porte à 23 milles. Automatisé en 1989, le phare est ouvert au public en été ; la réserve naturelle environnante est un excellent site d'observation des macareux.
7. Cape Wrath, nord-ouest des Highlands
Cape Wrath occupe l'angle nord-ouest de l'Écosse continentale, un cap de gneiss précambrien battu par des houles atlantiques qui n'ont pas rencontré d'obstacle depuis le Canada. Le phare, construit en 1828 par Robert Stevenson, se dresse à 122 mètres au-dessus de la mer ; sa tour de 20 mètres émet un éclat blanc de groupe (deux) toutes les trente secondes visible à 24 milles. Le site est accessible uniquement par un ferry saisonnier sur le Kyle of Durness suivi d'un minibus sur une route militaire de 18 km. L'accès peut être interdit lors des exercices de tir de la base militaire adjacente — vérifier le calendrier avant de partir.
8. Rhinns of Islay, Hébrides intérieures
Le phare de Rhinns of Islay, construit en 1825 par Robert Stevenson sur l'île d'Orsay à l'extrémité sud-ouest d'Islay, garde l'entrée nord du canal du Nord qui sépare l'Irlande du Nord de l'Écosse. Sa tour de 29 mètres émet un éclat blanc de groupe (deux) toutes les cinq secondes portant à 24 milles. Il signale les courants violents et les récifs de la Oa à tous les navires entrant en mer d'Irlande. Le phare est visible depuis le ferry Kennacraig–Port Askaig et peut être admiré depuis les falaises de la Oa.
9. Corsewall, péninsule de Rhinns (Galloway)
Construit en 1817 par Robert Stevenson sur le cap Corsewall dans le Wigtownshire, ce phare marque l'entrée septentrionale du canal du Nord depuis le Firth of Clyde. Sa tour cylindrique de 34 mètres porte son éclat blanc de groupe (cinq) à 22 milles nautiques. L'ensemble du phare et ses dépendances ont été transformés en hôtel de charme, ce qui en fait l'un des rares endroits en Écosse où il est possible de séjourner dans un phare actif, face aux lumières de l'Irlande du Nord par temps clair.
10. Bass Rock, Firth of Forth
Le Bass Rock, ce piton volcanique de 107 mètres au milieu du Firth of Forth, accueille le phare construit par David Stevenson en 1902. La tour de 20 mètres est perchée au sommet d'une falaise à pic ; son feu à éclat blanc toutes les quinze secondes porte à 10 milles et signale le rocher aux navires longeant la côte du Lothian. Le Bass Rock abrite également la plus grande colonie de fous de Bassan en Europe, estimée à plus de cent cinquante mille oiseaux. Des excursions en bateau depuis North Berwick permettent d'en faire le tour ; des sorties de débarquement sont proposées à certaines périodes.
Informations pratiques
Les phares écossais sont gérés par le Northern Lighthouse Board, basé à Édimbourg. L'organisation participe au Lighthouse Heritage Weekend international chaque août, pendant lequel plusieurs phares ouvrent leurs portes. Les phares d'Ardnamurchan, de Neist Point et de Corsewall sont parmi les plus accessibles toute l'année. Pour Bell Rock et Skerryvore, des excursions en bateau organisées depuis Dundee et Tiree sont les seules options. Ouvrez la carte pour planifier votre itinéraire parmi les phares d'Écosse.