Les 10 phares incontournables du Liban
Le Liban, pays de 225 kilomètres de côte méditerranéenne encastrée entre la mer et la chaîne du Mont-Liban, est l'héritier de la plus ancienne tradition maritime connue : les Phéniciens, dont les principales cités — Tyr, Sidon, Byblos, Beyrouth — se trouvent toutes sur ce littoral, ont sillonné la Méditerranée entière à partir du IIe millénaire avant notre ère. Les premiers systèmes de guidage lumineux des navires dans ces eaux remontent à l'Antiquité, mais l'infrastructure moderne des phares a été établie principalement sous l'Empire ottoman dans la seconde moitié du XIXe siècle, puis développée sous le mandat français (1920-1943) qui a doté le Liban de plusieurs tours remarquables sur le modèle des phares de la Commission des phares de Mer. La côte libanaise, dépourvue de grands îlots mais jalonnée de caps rocheux et de ports naturels, présente une topographie maritime relativement clémente, mais les tempêtes d'hiver méditerranéennes peuvent y être violentes. Les phares sont aujourd'hui sous la responsabilité de la Direction générale du transport maritime libanaise, dont les ressources limitées ont conduit à l'automatisation de la plupart des tours.
1. Phare de Manara (Phare de Beyrouth), Beyrouth
Le phare de Manara — dont le nom même signifie «phare» en arabe — est le phare le plus célèbre du Liban, planté sur le promontoire de Ras Beyrouth qui ferme la baie de Saint-Georges au nord. La tour cylindrique blanche de 19 mètres, construite par les Ottomans en 1861 et modernisée sous le mandat français, porte un feu à éclats blancs et rouges toutes les cinq secondes visible à 16 milles nautiques. Elle marque le promontoire de Ras Beyrouth et guide les navires vers le port de commerce et le port de plaisance de la Corniche. Le phare a résisté aux guerres civiles (1975-1990) et aux bombes ; il est aujourd'hui un symbole de résilience pour la ville. La Corniche de Beyrouth passe au pied du promontoire de Manara, offrant un accès piéton direct.
2. Phare de Ras Beirut (phare de l'AUB), Beyrouth
À quelques centaines de mètres du phare de Manara, sur le campus de l'Université américaine de Beyrouth (AUB) fondée en 1866, une tour de signalisation plus ancienne marque le bord de falaise côté mer. Ce feu secondaire, une structure de 8 mètres en pierre, a été établi à l'époque ottomane pour couvrir le secteur nord de l'anse de Beyrouth et signaler les rochers affleurant à fleur d'eau au pied des falaises du campus. Il est actif et fait partie du réseau de balisage de la Direction générale du transport maritime. Le campus de l'AUB est partiellement ouvert au public ; les visiteurs peuvent apercevoir le feu depuis les jardins surplombant la mer.
3. Phare de Enfeh (Ras Enfeh), Enfeh
Enfeh est un village de pêcheurs sur un promontoire calcaire au nord de Tripoli, réputé pour ses salines traditionnelles et ses hypogées phéniciens creusés dans la roche. Le phare d'Enfeh, une tour cylindrique blanche de 16 mètres construite sous le mandat français vers 1935, marque le cap rocheux de Ras Enfeh et les récifs immergés qui s'étendent en mer de ce promontoire. Son feu à éclats toutes les quatre secondes porte à 12 milles nautiques. La tour est automatisée et l'accès à son pied est aisé par les ruelles du village. Le site est apprécié des plongeurs pour ses tombants coralliens et ses ruines sous-marines romaines.
4. Phare de Tripoli (Mina), Tripoli
Le port de la Mina, à l'extrémité de la presqu'île qui abrite le vieux port de Tripoli, la deuxième ville du Liban, accueille un phare construit dans les années 1930 sur la jetée principale. La tour blanche de 14 mètres porte un feu isophase visible à 10 milles nautiques, guidant les navires dans le port de commerce de Tripoli et signalant les récifs et les îlots coralliens des abords de la ville. La presqu'île de la Mina, avec ses maisons ottomanes et ses cafés de bord de mer, est un des quartiers les plus attachants du nord-Liban. Le phare est visible depuis le quai.
5. Phare de Ras Chekka, Chekka
Ras Chekka est un cap calcaire au sud de Tripoli, où les falaises blanches du Mont-Liban plongent directement dans la mer Méditerranée. C'est l'un des sites les plus photogéniques de la côte nord-libanaise. Un feu automatique de signalisation marque ce cap saillant depuis les années 1960, sur une structure métallique de 10 mètres perchée en haut des falaises. Le cap est visible de loin depuis l'autoroute côtière (M4) et depuis les ferries qui longent la côte. La région de Chekka accueille également plusieurs cimenteries qui exportent leur production par mer, ce qui explique la présence d'un balisage portuaire complémentaire.
6. Phare de Jounieh, Jounieh
La baie de Jounieh, au nord de Beyrouth, est l'un des mouillages naturels les mieux abrités de la côte libanaise, utilisé par les pêcheurs depuis l'Antiquité. Un feu de balisage sur la jetée du port de plaisance de Jounieh, une tour de béton de 12 mètres construite dans les années 1970, marque l'entrée du port et les hauts-fonds de l'arrière-baie. Son feu à éclats verts toutes les quatre secondes porte à 8 milles nautiques. Le port de Jounieh est aujourd'hui surtout un port de plaisance et de ferry ; une ligne saisonnière de ferry pour Chypre y est basée. Le téléphérique de Jounieh, qui monte au sanctuaire de Notre-Dame de Harissa, offre une vue plongeante sur la baie et le phare.
7. Phare de Saïda (Sidon), Saïda
Sidon, l'antique Saïda, est l'une des plus vieilles villes du monde et le premier port de la côte méridionale libanaise. Le phare de Saïda, une tour cylindrique de 18 mètres construite sous le mandat français en 1932, marque la jetée nord du port de pêche et signale l'écueil de la Pointe de Saïda aux navires de passage. Son feu à éclats toutes les six secondes est visible à 12 milles nautiques. Le château de la mer des Croisés, construit au XIIIe siècle sur un îlot relié à la rive par une étroite chaussée, domine le port et constitue l'un des sites touristiques les plus visités du pays. Le phare est visible depuis le quai des pêcheurs.
8. Phare de Tyr (Sour), Tyr
Tyr, l'antique Tyr phénicienne dont les ports artificiels nord et sud forgés par les ingénieurs de l'Antiquité ont marqué l'histoire de la navigation méditerranéenne, accueille un feu de navigation moderne sur la jetée du port de pêche. La structure, une tour métallique de 10 mètres, porte un feu isophase rouge visible à 8 milles nautiques, guidant les pêcheurs vers l'entrée du port. Le site de Tyr est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco pour ses vestiges antiques romains, dont une nécropole et un hippodrome ; la coexistence du balisage moderne et des ruines millénaires confère au site un caractère unique.
9. Phare de Nahr Ibrahim, Jbeil
Le Nahr Ibrahim (fleuve Adonis de l'Antiquité) est un torrent qui dévale le Mont-Liban pour rejoindre la mer au nord de Jbeil (Byblos). Un petit feu de balisage côtier marque l'embouchure du fleuve et le promontoire adjacent depuis les années 1980, sur une structure métallique de 8 mètres. La côte autour de l'embouchure de l'Ibrahim, au pied des falaises calcaires, est fréquentée par les pêcheurs à la ligne et les plongeurs qui explorent les ruines sous-marines du port antique de Byblos voisin. Le site est accessible par route depuis l'autoroute côtière.
10. Phare de Ras Haqlah, Batroun
Ras Haqlah est un cap calcaire sur la côte nord-libanaise entre Byblos et Tripoli. Un feu de signalisation automatique, installé en 1975 et plusieurs fois réparé après les dommages de la guerre civile, marque ce cap qui saille en mer et constitue un danger pour la navigation de cabotage. La tour de béton de 11 mètres porte un feu à éclats toutes les quatre secondes visible à 10 milles nautiques. Le bourg de Batroun, avec ses remparts phéniciens encore en partie visibles et ses pressoirs à vin antiques, est l'un des sites archéologiques les plus accessibles du Liban.
Informations pratiques
La côte libanaise est relativement courte et peut être parcourue d'un bout à l'autre en une journée de voiture depuis Beyrouth. Les phares les plus accessibles sont ceux de Manara (Beyrouth), Enfeh et Tripoli. La situation sécuritaire au Liban mérite une vérification avant tout déplacement ; les agences de voyage locales peuvent conseiller sur l'état des routes et des sites. La meilleure saison pour visiter est le printemps (mars-mai) et l'automne (octobre-novembre), lorsque la mer est calme et la lumière favorable à la photographie. Ouvrez la carte pour localiser tous les phares libanais et planifier votre itinéraire sur la côte méditerranéenne.